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Fautes de gestion et détournements du dirigeant : quels recours pour les associés ?

16 août
4 min de lecture

Lorsqu’un dirigeant prend des décisions opaques, engage des dépenses inhabituelles ou semble utiliser les ressources de la société dans un intérêt qui n’est pas le sien, les associés peuvent légitimement s’interroger.


Certains flux financiers paraissent anormaux. Des dépenses sont insuffisamment expliquées. Une activité, une clientèle ou des opportunités commerciales semblent profiter à une autre structure. Parfois, les associés ont surtout le sentiment d’être tenus à l’écart, sans disposer d’une vision claire de la situation.


Dans ce contexte, le terme de « détournement » est souvent employé. Mais, avant d’envisager un éventuel volet pénal, la question est aussi, et souvent d’abord, celle de la responsabilité civile du dirigeant. Il s’agit d’identifier si le dirigeant a commis une faute de nature à engager sa responsabilité et à ouvrir droit à réparation.


Le dirigeant n’est pas responsable de toutes les difficultés de la société

La responsabilité d’un dirigeant n’est pas automatiquement engagée parce que la société rencontre des difficultés, perd un client important ou réalise une opération qui s’avère finalement défavorable. Diriger une entreprise implique nécessairement une part de risque et des choix de gestion qui peuvent être discutés a posteriori.


En revanche, la situation change lorsque le dirigeant paraît avoir agi en dehors de l’intérêt de la société, en méconnaissance de ses obligations ou dans son intérêt personnel.


Selon la forme sociale et les fonctions exercées, sa responsabilité peut notamment être recherchée en cas de violation de la loi, de non-respect des statuts ou de faute de gestion.


Quelles situations doivent alerter les associés ?

Chaque dossier doit être analysé dans son contexte. Certains faits méritent néanmoins une attention particulière lorsqu’ils ne sont pas justifiés par l’intérêt de la société. Il peut s’agir, par exemple :


  • de dépenses personnelles supportées par la société ;

  • de virements, prélèvements ou retraits sans explication claire ;

  • de rémunérations, avantages ou remboursements de frais disproportionnés ;

  • de contrats conclus avec une société liée au dirigeant dans des conditions défavorables ;

  • du transfert d’une clientèle, d’un actif ou d’une opportunité commerciale vers une autre structure ;

  • d’opérations réalisées sans transparence ni justification économique identifiable ;

  • d’une gestion qui paraît favoriser le dirigeant ou certains associés au détriment de la société.


Ces éléments ne suffisent pas toujours, à eux seuls, à établir une faute. En effet, une opération inhabituelle n’est pas nécessairement fautive. En revanche, l’absence de contrepartie pour la société, un conflit d’intérêts, un avantage personnel ou une opacité persistante peuvent modifier profondément l’analyse.


Le préjudice est souvent subi d’abord par la société

Dans ce type de dossier, les associés ont souvent le sentiment d’être directement lésés. Ce ressenti est compréhensible dès lors que si la trésorerie se dégrade, si des actifs disparaissent ou si l’activité est fragilisée, la valeur de leurs titres et leurs perspectives de revenus peuvent être affectées. Juridiquement, il faut toutefois distinguer deux situations.


Lorsque le comportement reproché au dirigeant a appauvri la société ou porté atteinte à ses intérêts, le préjudice est en principe subi d’abord par la société elle-même. Les associés en subissent ensuite les conséquences.


Dans cette hypothèse, l’enjeu est d’obtenir réparation du dommage causé à la société. Les sommes éventuellement obtenues ont alors vocation à revenir à la société, afin de reconstituer son patrimoine.


L’associé peut aussi être personnellement victime

Dans certaines situations, l’associé peut subir un préjudice qui lui est propre. Cela peut notamment être le cas lorsque des manœuvres sont spécifiquement dirigées contre lui, lorsqu’il est privé de l’exercice d’un droit individuel ou lorsque son éviction repose sur des circonstances irrégulières.


La distinction est importante car elle détermine la stratégie à envisager, les demandes qui peuvent être formulées et la personne à laquelle une éventuelle indemnisation est destinée.


Un conflit entre associés ne se traite donc pas uniquement sous l’angle relationnel. Il impose d’identifier précisément ce qui est reproché, à qui le préjudice a été causé et quel résultat est recherché.


La responsabilité civile du dirigeant peut constituer un véritable levier

Lorsqu’une faute de gestion ou une opération contraire à l’intérêt de la société est caractérisée, la responsabilité du dirigeant peut permettre d’obtenir la réparation du préjudice subi.


Selon les circonstances, l’objectif peut être de :


  • préserver les intérêts financiers de la société ;

  • obtenir réparation d’un dommage résultant d’une faute de gestion ;

  • mettre fin à des pratiques préjudiciables ;

  • rétablir un fonctionnement plus transparent ;

  • ou créer les conditions d’une résolution négociée du conflit entre associés.


Cette voie ne doit pas être utilisée comme un simple moyen de pression dans un désaccord personnel. Elle prend tout son sens lorsqu’il existe des opérations précises, une atteinte identifiable à l’intérêt social et un risque réel pour la société ou pour les associés.


Ne pas attendre que la situation soit irréversible

Dans les conflits de gouvernance, le temps joue souvent un rôle important. Plus les opérations litigieuses se multiplient, plus la situation peut devenir difficile à comprendre, à documenter et à corriger. À l’inverse, agir trop vite sur la seule base d’un soupçon peut fragiliser inutilement les relations entre associés et la société elle-même.


L’enjeu est donc de prendre du recul, de qualifier la situation et d’identifier les options utiles avant que le conflit ne se transforme en blocage durable ou en contentieux subi.


Le Cabinet accompagne les dirigeants et associés dans l’analyse des fautes de gestion alléguées, la prévention des conflits de gouvernance et la mise en œuvre d’une stratégie adaptée, en conseil comme en contentieux.

 
 
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