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Responsabilité liée aux produits cosmétiques : que faire en cas de plainte client, d’effet indésirable ou de rappel ?

  • 13 mai
  • 3 min de lecture

La mise sur le marché d’un produit cosmétique ne s’arrête pas à sa formulation ou à son lancement commercial. Une fois le produit diffusé, une plainte client, un effet indésirable ou une non-conformité peut faire naître très vite un risque réglementaire, civil et réputationnel.

 

En pratique, la vraie difficulté n’est pas seulement de savoir s’il existe un défaut, mais de déterminer qui doit agir, dans quel cadre, avec quelles mesures et sur la base de quelles preuves.

 

  • Qui est juridiquement responsable ?


En droit des cosmétiques, seuls les produits pour lesquels une personne physique ou morale est désignée dans l’Union comme personne responsable peuvent être mis sur le marché. Cette personne responsable garantit, pour chaque produit commercialisé, le respect des exigences applicables du règlement (CE) n° 1223/2009.

 

Selon les cas, cette qualité peut revenir au fabricant établi dans l’Union, à la personne désignée par lui par mandat écrit, à l’importateur pour le produit cosmétique qu’il met sur le marché, ou encore au distributeur lorsqu’il commercialise le produit sous son nom ou sa marque, ou lorsqu’il modifie un produit déjà mis sur le marché dans des conditions susceptibles d’en affecter la conformité.

 

Le distributeur, même lorsqu’il n’est pas lui-même personne responsable, reste soumis à des obligations propres de diligence et d’alerte.

 

  • Comment réagir dès le premier signalement ?


Lorsqu’un signalement survient, il ne faut pas le traiter comme une simple réclamation commerciale. Il faut d’abord qualifier la situation : s’agit-il d’un incident isolé, d’un effet indésirable, d’un effet indésirable grave, d’une non-conformité, ou d’un risque justifiant un retrait ou un rappel ? Cette qualification conditionne toute la suite du dossier.

 

La première urgence est souvent probatoire. Il faut sécuriser les éléments utiles : produit concerné, lot, conditions d’utilisation, échanges avec le client ou le distributeur, documents de traçabilité, données de sécurité, historique d’éventuels signalements similaires. Beaucoup de dossiers se compliquent moins en raison du fond que d’une mauvaise conservation de la preuve dès les premiers jours.

 

  • Quand faut-il notifier ou rappeler ?


Lorsqu’un effet indésirable grave est en cause, la personne responsable et les distributeurs doivent le notifier sans délai à l’autorité compétente de l’État membre où cet effet a été constaté, avec les informations prévues par l’article 23 du règlement. Toutes les plaintes n’imposent donc pas une notification, mais un effet indésirable grave ne peut pas rester dans un traitement purement interne.

 

De la même manière, lorsque la personne responsable considère, ou a des raisons de croire, qu’un produit n’est pas conforme au règlement, elle doit prendre immédiatement les mesures correctives nécessaires : mise en conformité, retrait du marché ou rappel, selon le cas. Si le produit présente un risque pour la santé humaine, les autorités compétentes doivent également être informées sans délai. Les autorités peuvent d’ailleurs elles-mêmes imposer ces mesures, y compris un retrait ou un rappel.

 

  • Quels sont les risques et les bons réflexes ?


À ce cadre réglementaire s’ajoute le régime de la responsabilité du fait des produits défectueux. Le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit, même en l’absence de lien contractuel avec la victime. En revanche, un mauvais usage du produit par le consommateur n’exclut pas automatiquement toute responsabilité : il peut seulement, selon les circonstances, nourrir une discussion sur l’exonération ou sur la faute de la victime.

 

En pratique, une gestion efficace repose sur trois réflexes simples : qualifier juridiquement le signalement, sécuriser immédiatement la preuve, puis décider des mesures correctives et de la stratégie de communication. Une réponse improvisée, hésitante ou dispersée expose souvent davantage que l’incident initial.

 

Le Cabinet accompagne les fabricants, importateurs, personnes responsables et distributeurs dans la gestion des incidents liés aux produits cosmétiques : analyse du risque, qualification réglementaire, stratégie de retrait ou de rappel, notifications, traitement des réclamations et défense contentieuse.

 
 
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